Compagnie citoyenne alluna

Danser entre art et vie quotidienne

" Vous étiez autrefois sauvage ici.
Ne les laissez pas vous apprivoiser"
Isadora Duncan

La compagnie est actuellement en phase de re-naissance et j'en suis si heureuse !
depuis mon appel sur ce site il y a 2 ans
, j'ai eu l'immense joie d'être spontanément contactée par de nombreuses personnes ayant le désir de se rassembler autour de ce projet et de répondre à mon rêve de re-créer collectivement une nouvelle compagnie citoyenne. Nous sommes donc actuellement un tout nouveau groupe de "compagnes & compagnons alluna" constitué de 20 personnes Danseur.ses, comédien.ne.s, chanteur.se.s,marionettiste, Chant-signeuse ...

Continuer l'aventure pour moi ... autrement ...
Se relier à la nature, se relier à soi, se relier à l'autre ..

Le Projet Cie citoyenne alluna a été incubé et propulsé par le TAG 56 depuis septembre 2020 ...



compagnie alluna ....pour une croissance du vivant par l'art

« Le mystère d'être un corps, un corps qui interprète et vit sa vie, est partagé par tout le vivant : c'est la condition vitale universelle, et c'est probablement elle qui me?rite d'appeler le sentiment d'appartenance le plus puissant. »
Baptiste Morizot

Principes fondateurs

« Notre ve?rite? est tre?s simple, le condor prend son envol a? la seule condition : que son aile droite soit en parfait e?quilibre avec son aile gauche. La ta?che de nous former pour devenir des e?tres e?quilibre?s a e?te? brutalement interrompue il y a des sie?cles de cela. Nous n'avons pu la mener a? bien mais a? pre?sent l'heure de l'e?re de la communaute?, est arrive?e et est avec nous. Cela implique que nous soyons des individus libres et e?quilibre?s pour construire des relations harmonieuses avec les autres et notre entourage, il est urgent que nous soyons des e?tres aptes a? maintenir les e?quilibres pour soi et la communaute?. »
David Choquehuanca (vice-pre?sident de l'E?tat plurinational de Bolivie 1)

Face a? la « crise de la sensibilite? » plus que jamais actuelle au cœur d'une pande?mie mondiale, nous nous joignons a? la « bataille culturelle » qu'a entrepris notamment le philosophe Baptiste Morizot « pour que notre humanite? [...] puisse renouer avec le vivant. »
Nous rejoignons la ne?cessite? qu'il nomme de « refaire connaissance », entre habitants de la Terre, autant humains que non humains, pour recre?er les conditions en nous d'une « disponibilite? aux manie?res d'e?tre vivant. »

La compagnie citoyenne alluna invite aujourd'hui les vivants qu'elle co?toie, habitants et acteurs culturels, institutionnels, politiques, associatifs, etc., depuis Auray, sa terre d'inscription, vers l'AQTA, le de?partement du Morbihan et la re?gion Bretagne, a? se joindre a? cette re-cre?ation, en s'appuyant sur ce que l'art et la danse peut porter de cette transformation.

Nos inspirations sources :

« L'homme cet « e?tre raisonnable » qui aime tant vanter son libre arbitre, ne peut ne?anmoins se rendre inde?pendant des climats et des conditions physiques de la contre?e qu'il habite. Notre liberte? dans nos rapports avec la Terre, consiste a? en reconnaitre les lois pour y conformer notre existence. »Elise?e Reclus

Nous partageons une appre?hension de la globalite? du monde vivant et des lois naturelles qui le re?gissent nous permettant aujourd'hui d'imaginer des actions propres aux valeurs que nous portons, ve?ritablement novatrices face a? la pense?e globale occidentale et ses lois de marchandisation. Nous le partageons avec certains peuples dits « premiers », nomme?s Kogis et Navajo, et les explicitons dans un souci de partage d'un mode de pense?e qui portera la co-cre?ation avec nos partenaires et be?ne?ficiaires.

Nous nous relions aussi profonde?ment a? la tradition de la terre bretonne et des formes de danse qu'elle a porte? depuis des sie?cles, favorisant des valeurs pre?cieuses pour la cohe?sion de territoire.

°Inspirations des peuples premiers

Les Kogis. Chez les Kogis, c'est la nature – les relations qu'ils e?tablissent avec elle et la connaissance intime qu'ils en acquie?rent – qui fonde tout le syste?me politique, social et e?conomique. Si ces relations viennent a? e?tre perturbe?es par un comportement irresponsable, c'est pour eux l'ensemble de la socie?te? qui risque « d'e?tre soumise au chaos, a? la morcellisation, et a? la mort. Un e?quilibre dont ils se sentent profonde?ment responsables. »* La nature leur apporte les lois et les re?gles pour penser et agir, dans des milieux aussi varie?s que la me?decine, la famille, et toutes les formes de proble?matiques et de conflits. C'est une forme d'agir porte?e par l'intention de maintenir un e?quilibre harmonieux au service de la vie ou? chacun.e a sa place et son ro?le a? jouer, en interaction avec l'ensemble dont il fait partie.

(*Julien Eric ,FifilsM.(dir.),2009,pp.107-108. Les Kogis vivent en Amazonie et font partie des peuples «racines».Ils sont les he?ritiers de l'une des plus brillantes socie?te?s pre?colombiennes d'Ame?rique du Sud)

Les Navajos - Tout comme les Kogis, les Navajos ont cette philosophie de vie qui exprime que le maintien de l'e?quilibre global du monde naturel et de tout ce qui existe sur un plan individuel ou collectif est lie? a? l'accomplissement social conscient des lois naturelles. Ils nomment cet e?quilibre « Hozho », la voie de la Beaute?, qui comprend a? la fois un e?tat inte?rieur ressenti « quand tout est a? sa place, a? sa juste place » mais aussi le mouvement continuel qui permet de le maintenir, le re?ajuster selon un ensemble de dynamiques de pense?es et d'actions de la vie collective.

°Inspirations de la culture celte et bretonne

Nous affirmons notre reliance aux racines locales de la re?gion ou? nous inscrivons notre de?ploiement comme une part de l'identite? de la compagnie alluna. La culture celte et bretonne est en effet porteuse d'une histoire de danses collectives et participatives relie?es aux mouvements naturels, et vectrices de cohe?sion sociale et territoriale.

Des formes ont e?merge? dans la culture paysanne du XIXe sie?cle, inscrites dans la temporalite? et les pratiques du travail avec la terre. Il s'agissait alors de ce?le?brer la solidarite? et l'entraide mutuelle suite a? la mise en commun des ressources entre collectifs de fermes lors des grands travaux agricoles. Les anne?es qui suivent la Seconde Guerre Mondiale (et ses bals clandestins) sont particulie?rement marque?es par le de?ploiement de cercles de danse et de fe?tes, e?migre?es vers les milieux urbains. Les cercles s'inscrivent alors dans une pre?sence et des de?placements qui symbolisent les rapports sociaux territoriaux, vers une cohe?sion de l'ensemble de la terre bretonne malgre? les distinctions marque?es. Aujourd'hui et depuis 2012, les festivals de danses traditionnelles bretonnes, toujours lie?es au chant et a? la musique, les festou?-noz, sont reconnus comme patrimoine culturel immate?riel par l'UNESCO. Selon Laurence Be?rard, elles font partie des configurations sociales inspire?es du passe? qui permettent de donner un sens aux phe?nome?nes contemporains.

Nous souhaitons re-convoquer ces pratiques a? l'usage de tou.te.s, tel un bien commun au service du vivant d'une socie?te?, afin d'en accompagner les transitions, les passages, les moments importants des vies individuelles et collectives, et ses caracte?ristiques propres aux communaute?s anciennes nomme?es par l'ethnologue Catherine Bertho-Lavenir : la non-distinction entre danseurs/ses et spectateur/rice.s, la participation de tous les membres de la collectivite?, et l'absence de se?paration formelle de l'espace de la danse.

Nous souhaitons inviter la population locale à recontacter le sentiment d'appartenance à cette tradition forte et porteuse de valeurs collectives précieuses, telles que la convivialité, le mélange des générations et l'ouverture à l'autre. Et ce d'autant que les pratiques culturelles en Bretagne constituent des marques d'appartenance territoriale et de l'identité particulièrement soutenues8, et sont un levier majeur pour agir et être reconnu.e ; notamment grâce au sens donné aux lieux, par ce qui y est vécu et pratiqué. C'est aussi par la structuration de ce sentiment d'appartenance que les individus se positionnent du côté de la défense de ce qui les entoure, la terre qui les accueille et l'environnement qui les porte.

Comme Laëtitia Carton,(Réalisatrice du documentaire « Le grand bal », soutenu par la Région Bretagne et l'Etat (DRAC)) nous soutenons également que la danse en communauté permet de se sentir existant au sein d'une unité, de soutenir un sentiment d'humanité et de liberté qui nait du collectif, sans aucune distinction sociale, et qui accompagne l'émergence d' « un immense mouvement démocratique d'où personne n'est exclu. » Nos différentes sources d'inspirations ont pour point de convergence le sentiment d'appartenance à un monde commun, qui constitue une identité collective et stimule un certain sens du devoir envers cette communauté. C'est ce sentiment qui donne sens àl'engagement et aux responsabilités prises par ses membres.

Nous avons la conviction qu'à travers l'ensemble de ses variations d'actions et de propositions, la compagnie artistique citoyenne alluna peut favoriser cette communauté de sens et d'engagement citoyen au service d'une harmonisation et d'une cohésion sociale. Pour que chacun.e puisse se sentir « à sa juste place » et puisse désirer à son tour, se mettre au service de sa communauté.