Qui suis-je

Pour une croissance su vivant par l'art

« Le mystère d'être un corps, un corps qui interprète et vit sa vie, est partagé par tout le vivant : c'est la condition vitale universelle, et c'est probablement elle qui mérite d'appeler le sentiment d'appartenance le plus puissant. » Baptiste Morizot


« Notre vérité est très simple, le condor prend son envol à la seule condition : que son aile droite soit en parfait équilibre avec son aile gauche. La tâche de nous former pour devenir des êtres équilibrés a été brutalement interrompue il y a des siècles de cela.
Nous n'avons pu la mener à bien mais à présent l'heure de l'ère de la communauté, est arrivée et est avec nous. Cela implique que nous soyons des individus libres et équilibrés pour construire des relations harmonieuses avec les autres et notre entourage, il est urgent que nous soyons des êtres aptes à maintenir les équilibres pour soi et la communauté. »David Choquehuanca (vice-président de l'Etat plurinational de Bolivie)

Note : La Bolivie est le deuxième État après l'Équateur à reconnaître et inscrire dans sa Constitution les droits de la nature, respectivement en 2010 et 2008 ; depuis 2010, la Déclaration universelle des droits de la Terre Mère est en cours de rédaction. [https://droitsdelanature.com/la-reconnaissance-des...]


La manière dont le monde vit aujourd'hui démontre chaque jour hélas qu'il y existe un besoin indubitable, individuel et social, de reconnexion.

Reconnexion entre le corps et son esprit, entre pensée et perception sensible de soi,pour un minimum d'apaisement, d'écoute, de capacité à agir humblement pour son propre bien et celui des autres.
Reconnexion entre les différents êtres humains, en tant qu'êtres appartenant à une même espèce,
Reconnexion entre les humains et leur écosystème, la « nature », dont nous faisons intégralement partie habitant.e.s des mêmes espaces et que nous avons funestement séparé de nous, la transformant notamment en ressources exploitables.

Or ce lien « à l'autre » est ce qui fait grandir.

Ce qui est constaté aujourd'hui, et ce à quoi je souhaite répondre à ma mesure, est un manque de plus en plus criant de véritable lien entre les habitant.e.s de même espace, un manque de perception de soi, de sa place , de son empreinte dans l'espace et le temps...Et je me joins humblement à la « bataille culturelle » qu'a entrepris notamment le philosophe Baptiste Morizot « pour que notre humanité (...)puisse renouer avec le vivant." Je le rejoins dans la nécessité qu'il nomme de « refaire connaissance », entre habitants de la Terre, autant humains que non humains, pour recréer les conditions en nous d'une « disponibilité aux manières d'être vivant. »

Nous ne pouvons pas changer l'Histoire, mais nous pouvons agir au présent et nous inscrire dans le temps.
Un corps qui danse et met en mouvement toutes ses cellules fait l'expérience de sa fluidité et de ses possibilités.
Des corps qui dansent ensemble font l'expérience de la fluidité de l'espace entre eux et apprennent à se (re)positionner, devenant « corps social ».

Créations de toutes sortes en solo et en collectif , rituels et danses participatives dans les espaces publics urbains ou en pleine « nature », ateliers à l'intention d'habitant.e.s ou de personnes dans des contextes de vie spécifiques, intégration au tissu social d'un territoire, d'une région, projets en compagnie éphémère en tant que corps collectif .... tout ces projets qui m'habitent, ce sur quoi je cherche et j'explore depuis des années et que je souhaite continuer « autrement » de mettre en œuvre a pour "ambition" de répondre aux enjeux sociaux et environnementaux actuels, à ma mesure ... ma « petite part de colibri » comme le disait Pierre Rabhi .

J' espère de toutes mes forces pouvoir aider à l'épanouissement d'une nouvelle manière de concevoir l'art & l'action artistique, totalement engagés dans ce courant d'écopsychologie et d'écoféminisme au service d'un monde bienveillant et respectueux où les mots « liberté, égalité et fraternité » ne seraient pas qu'une décoration vide de sens sur les murs .... pour une croissance du vivant par l'Art ...

L'art comme une possibilité pour chacun.e d'explorer et exprimer sa créativité intrinsèque.
L'art comme une pensée globale au service d'une communauté vivante, d'un mouvement.
L'art comme une pratique profondément fédératrice et inscrite dans la vie quotidienne.

L'art comme une pratique commune comme l'étaient les « communs », ces terres que cultivaient ensemble les paysan.ne.s, et qui se sont vues par la suite clôturé ure?es.

L'art comme un révélateur des oppressions et des injustices, de la détérioration écologique.
L'art aussi comme un acte de désobéissance civile et de résistance.

L'art enfin au sens où le pratiquent certains peuples dits « premiers », pour qui la danse, le chant, et d'autres formes que nous qualifierions d'« artistiques » restent encore dans plusieurs régions du monde des manières simplement d'accompagner les différents moments de la vie, et lui donner du sens.

Et cela se retrouve fortement ici aussi , sur cette terre bretonne où j'ai grandit , infusée par les sagesse et tradition celtes, avec entre autre des formes de danse qu'elle a porté depuis des siècles, favorisant des valeurs précieuses de cohésion humaine ... j'ai tant de souvenirs de nuits entières de Fest Noz chaque semaine à Rennes , place des lices quand j'étais étudiante, ou en vacances en Finistère vers le Cap Sizun ... ces danses m'ont tant appris ...

La culture celte et bretonne est en effet porteuse d'une histoire de danses collectives et participatives reliées aux mouvements naturels, et vectrices de cohésion sociale et territoriale.
Des formes ont émergé dans la culture paysanne du XIXe siècle, inscrites dans la temporalité et les pratiques du travail avec la terre. Il s'agissait alors de célébrer la solidarité et l'entraide mutuelle suite à la mise en commun des ressources entre collectifs de fermes lors des grands travaux agricoles. Les années qui suivent la Seconde Guerre Mondiale (et ses bals clandestins) sont particulièrement marquées par le déploiement de cercles de danse et de fêtes, qui se sont petit à petit déplacées vers les villes...Ces danses et fêtes se sont toujours maintenues à travers le temps ...Depuis 2012 , les festivals de danses traditionnelles bretonnes, toujours liées au chant et à la musique, les fest-noz, sont reconnus comme "patrimoine culturel immatériel par l'UNESCO". Selon Laurence Bérard, elles font partie des configurations sociales inspirées du passé qui permettent de donner un sens aux phénomènes contemporains.

A travers ma recherche autour des danses collectives participatives ( Danse du mandala, Planetary Dance ) et des « rituels artistiques contemporains » je souhaite re-convoquer ces pratiques à l'usage de tou.te.s, tel un bien commun au service du vivant, d'une société. Ceci afin d' accompagner les transitions, les passages, les moments importants des vies individuelles et collectives.
Elles sont en effet porteuses de caractéristiques, propres aux communautés anciennes nommées par l'ethnologue Catherine Bertho-Lavenir, à savoir "la non-distinction entre danseurs/ses et spectateur/rice.s, la participation de tous les membres de la collectivité, et l'absence de séparation formelle de l'espace de la danse".

Comme dans les danses celtes et bretonnes, le souhait à travers ces danses - tel également que l'a re-créé aussi Anna Halprin à travers son mouvement « Circle the Earth » - est d' inviter une population - plutôt localement - à recontacter le sentiment d'appartenance à ces traditions fortes et porteuses de valeurs collectives pre?cieuses, telles que la convivialité, le mélange des générations et l'ouverture à l'autre.



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